Jody Horcholle

Trouver des économies dans le budget de l’État est un exercice délicat. Les marges de manœuvre sont étroites, et chaque euro compte. Pourtant, un constat s’impose : les dépenses liées à la santé représentent une part colossale des finances publiques. En 2023, elles dépassaient les 325 milliards d’euros, soit près de 20 % des dépenses publiques. Face à une population qui vieillit et à des pathologies chroniques en hausse – diabète, obésité, maladies cardiovasculaires –, cette facture ne cesse de grimper. Mais plutôt que de couper aveuglément dans les services ou d’augmenter les impôts, je propose une approche différente : investir dans la prévention pour dépenser moins demain.

Ma proposition ? Offrir aux Français un chèque alimentaire dédié à l’achat de fruits et légumes.

Pourquoi cette mesure ? Parce que la santé commence dans l’assiette. Trop de Français, souvent par manque de moyens, se tournent vers des aliments transformés, riches en sucres et en graisses, mais pauvres en nutriments. Résultat : une explosion des maladies évitables qui pèsent lourdement sur la Sécurité sociale. En 2022, le coût des maladies liées à une mauvaise alimentation était estimé à plusieurs dizaines de milliards d’euros par an. Et si nous inversions la tendance ? Un chèque alimentaire de, par exemple, 50 euros par mois pour les ménages modestes, réservé aux fruits et légumes frais, pourrait changer la donne.
Cette idée présente plusieurs avantages. D’abord, elle améliore directement la santé des Français. Une consommation accrue de fruits et légumes réduit les risques de maladies chroniques, diminue les hospitalisations et allège les dépenses de soins. Ensuite, elle soutient nos agriculteurs locaux, en particulier les maraîchers, qui peinent parfois à écouler leurs productions face à la concurrence des produits importés ou industriels. Enfin, elle agit sur le pouvoir d’achat des plus vulnérables, ceux qui renoncent trop souvent aux aliments sains par manque de budget.
Bien sûr, cette mesure a un coût initial. Mais c’est un investissement rentable. Des études montrent qu’un euro dépensé en prévention peut en faire économiser trois à long terme dans les soins. Prenons un exemple concret : si un million de foyers bénéficient de ce chèque (soit 600 millions d’euros par an), une baisse ne serait-ce que de 5 % des dépenses liées aux maladies chroniques pourrait générer des économies bien supérieures à ce montant sur une décennie. Sans compter les gains humains : moins de souffrance, plus de bien-être.
Pour financer ce projet, je propose de réorienter des fonds existants. Par exemple, une partie des subventions aux industries agroalimentaires, qui produisent parfois des aliments néfastes à la santé, pourrait être redirigée vers cette initiative. Une taxe ciblée sur les produits ultra-transformés, comme les sodas ou les snacks trop sucrés, pourrait aussi compléter le dispositif.
En conclusion, face à un budget contraint, nous devons faire des choix intelligents. Le chèque alimentaire pour les fruits et légumes n’est pas une dépense de plus : c’est une économie d’avenir. En misant sur la prévention, nous pouvons alléger les comptes de la santé tout en offrant aux Français une vie meilleure et à nos agriculteurs un soutien mérité. C’est une solution gagnant-gagnant, pour le portefeuille de l’État comme pour celui des citoyens.
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Jody Horcholle
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