Jody Horcholle
La surpopulation carcérale est une réalité criante en France, et la Seine-Maritime n’échappe pas à ce fléau. Avec des établissements comme la maison d’arrêt de Rouen, où le taux d’occupation dépasse régulièrement les 150 %, nous faisons face à une crise qui touche autant les détenus que les personnels pénitentiaires. À l’échelle nationale, les prisons affichent un taux moyen de 127 % d’occupation, mais dans notre département, la situation est souvent plus aiguë encore, reflet d’une pression carcérale qui ne cesse de s’intensifier. Cette situation n’est plus acceptable : elle compromet la sécurité, la dignité et les chances de réinsertion des individus incarcérés.
Face à ce constat, je propose une solution pragmatique et innovante : impliquer les détenus dans la construction de nouvelles prisons. Cette idée, loin d’être utopique, offre des avantages concrets pour les prisonniers et les victimes.
Tout d’abord, ce projet permettrait aux détenus de travailler et de se former. Dans un département où le chômage et la précarité frappent durement, offrir aux prisonniers une activité utile – comme la maçonnerie ou la charpenterie – leur donnerait des compétences recherchées sur le marché du travail local. À Rouen ou au Havre, où les besoins en main-d’œuvre qualifiée dans le BTP sont réels, ces formations pourraient devenir un tremplin vers l’emploi après la peine.
Ensuite, la rémunération perçue par les détenus pour ce travail pourrait être en partie reversée aux victimes. En Seine-Maritime, où les faits de délinquance touchent de nombreuses familles, cette mesure renforcerait la justice en réparant, même symboliquement, les préjudices subis. Une telle initiative donnerait du sens à la peine, en la rendant utile à la collectivité.
Enfin, participer à la construction de prisons serait une étape vers la réinsertion. En travaillant sur des chantiers régionaux, les détenus renoueraient avec une dynamique sociale et professionnelle, essentielle pour réduire la récidive – un enjeu majeur dans une région marquée par des parcours de vie souvent fracturés. Ce projet pourrait être expérimenté dès à présent, par exemple avec la création d’un nouvel établissement pénitentiaire dans l’agglomération rouennaise ou havraise, deux zones où la pression carcérale est particulièrement forte.
Bien sûr, cette idée nécessite un encadrement rigoureux : sélection des détenus selon leur profil, formation adaptée, respect des normes de sécurité. Mais elle répond à une urgence locale : désengorger nos prisons tout en préparant l’avenir. En Seine-Maritime, nous avons les moyens de porter une telle ambition, en mobilisant les acteurs locaux – entreprises du BTP, associations de réinsertion, collectivités – pour faire de ce projet un modèle.
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