Jody Horcholle

Ces derniers jours, deux faits divers ont marqué l’actualité et, au-delà du choc, ils posent une question de fond : que devient l’école quand l’intimidation et la violence s’invitent à la porte des établissements ?

D’un côté, une enseignante agressée par la mère d’un élève après une simple réprimande en classe. De l’autre, à Grasse, des parents placés sous contrôle judiciaire après des menaces visant une CPE. Deux situations différentes, mais un même fil rouge : la contestation de l’autorité scolaire par la peur.

Il faut le dire clairement : cela ne peut plus continuer.

Une dérive inquiétante : la violence comme mode de pression

Quand un adulte s’en prend physiquement à une enseignante, quand des parents menacent une CPE, ce n’est pas seulement un “dérapage”. C’est un message envoyé à l’institution : “faire céder par la peur”.

Et ce message, s’il n’est pas stoppé, produit des dégâts durables :

  • des enseignants qui travaillent avec la peur au ventre,

  • des équipes éducatives qui s’épuisent,

  • des élèves qui voient l’autorité fragilisée et banalisent l’intimidation,

  • des établissements qui perdent en sérénité… et donc en efficacité.

L’école ne peut pas éduquer dans un climat de menace.

Protéger les enseignants “quoi qu’il en coûte”

On ne défend pas l’école avec des slogans. On la défend avec des décisions, des règles, des sanctions.
Protéger les enseignants, ce n’est pas un “débat” : c’est une obligation.

Un professeur, un CPE, un AED, un AESH, un personnel administratif ou de direction doivent pouvoir exercer leur mission sans être insultés, menacés, frappés. C’est la base. Sans cette base, tout le reste s’effondre : le respect, la transmission, l’apprentissage, l’égalité des chances.

Tolérance zéro : l’institution ne doit rien laisser passer

Dans une période où la violence gagne du terrain, la pire réponse serait l’hésitation.
L’Éducation nationale doit être claire : aucun acte de violence, aucune menace, aucune intimidation ne doit rester sans conséquence.

Cela suppose :

  1. Des signalements systématiques et une protection juridique effective des personnels (la fameuse protection fonctionnelle).

  2. Des mesures conservatoires rapides quand la sécurité est en jeu.

  3. Une exclusion de l’établissement pour les élèves ou ceux dont les parents sont impliqués dans des actes graves (violences, menaces sérieuses), avec une solution de scolarisation adaptée –  mais hors du cadre qui a été menacé.

  4. Un rappel ferme aux responsabilités parentales, y compris par la voie pénale quand des adultes menacent ou agressent des personnels.

Le message doit être limpide : l’école n’est pas une zone de non-droit.

Une justice ferme, des condamnations dissuasives

La justice doit aussi jouer pleinement son rôle.
Quand l’on agresse un enseignant, quand l’on menace une CPE, on ne s’en prend pas seulement à une personne : on s’en prend à une institution au service de tous.

La réponse judiciaire doit être rapide, ferme et dissuasive.
Pas par vengeance, mais parce que l’impunité est un carburant. Parce que la répétition de ces affaires montre qu’un seuil a été franchi. Et parce que protéger l’école, c’est protéger la société.

Quand les sanctions sont faibles ou tardives, le signal envoyé est catastrophique : “ce n’est pas si grave”. Or si, c’est grave.

Restaurer une alliance indispensable : famille – école

Dire “tolérance zéro” ne signifie pas opposer les parents à l’école. Au contraire : l’immense majorité des parents soutient les enseignants.
Mais précisément, pour préserver cette alliance, il faut isoler et sanctionner les comportements qui la détruisent.

L’autorité scolaire ne doit pas être une option. On peut discuter, contester, demander un rendez-vous, écrire. Mais la menace et la violence sont une ligne rouge.

L’école doit rester un sanctuaire

Nous devons protéger nos enseignants vaille que vaille.
Parce que sans eux, pas d’école.
Sans école, pas d’égalité.
Sans égalité, pas de cohésion.
Et sans cohésion, c’est la République qui recule.

Il faut que cela cesse.
Tolérance zéro face aux violences et aux menaces.
Et une ligne claire : sanctions scolaires immédiates, réponse judiciaire ferme, protection totale des personnels.

Articles à lire :
– “Restaurer l’autorité à l’école
– “Mes propositions pour l’école
– “L’école en crise

 

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