Élections sénatoriales 2026 · Seine-Maritime

Sénatoriales 2026 : un recul majeur, deux progressions nettes et un paysage politique plus fragmenté

La comparaison des résultats de 2020 et 2026 fait apparaître une évolution du rapport de forces parmi les grands électeurs de Seine-Maritime. La liste arrivée largement en tête en 2020 recule sensiblement, tandis que le RN enregistre la plus forte progression et que le PCF renforce également son implantation.

–271 voix · –1 siège La liste conduite par Agnès Canayer passe de 46,78 % à 37,19 %.
RN : +317 voix · +1 siège Le RN passe de 2,93 % à 13,11 % et obtient un sénateur.
PCF : +84 voix La liste de Céline Brulin progresse de 17,26 % à 19,66 %.

Le principal recul : 271 voix et un siège de moins

Le premier enseignement du scrutin concerne la liste conduite par Agnès Canayer. Elle reste très largement en tête en Seine-Maritime, mais son recul par rapport à 2020 est important.

En 2020, elle avait obtenu 1 423 voix, soit 46,78 % des suffrages exprimés, et remporté quatre des six sièges de sénateurs. En 2026, elle recueille 1 152 voix, soit 37,19 %, et obtient trois sièges.

Le chiffre à retenir

En six ans, la liste perd 271 voix, 9,59 points et un siège. Elle reste première, mais ne rassemble plus près d’un grand électeur sur deux comme en 2020.

Le recul est d’autant plus significatif que le nombre de suffrages exprimés augmente légèrement entre les deux élections. Il traduit une érosion de la capacité de la liste dominante à concentrer autour d’elle les suffrages des grands électeurs.

La progression la plus importante : le Rassemblement national

Le mouvement le plus spectaculaire se situe du côté du Rassemblement national.

En 2020, le RN n’avait obtenu que 89 voix, soit 2,93 %, et aucun siège. En 2026, sa liste atteint 406 voix, soit 13,11 %, et obtient cette fois un siège de sénateur.

Une progression spectaculaire

Le RN gagne 317 voix et 10,18 points. Son nombre de suffrages est multiplié par plus de quatre et cette progression se traduit par l’obtention d’un siège.

Le rapprochement avec le recul de la liste Canayer est frappant : celle-ci perd 271 voix tandis que le RN en gagne 317. Il serait toutefois impossible d’en déduire un transfert direct de l’une vers l’autre. Le collège électoral a été renouvelé et le vote est secret.

Ces deux évolutions simultanées montrent néanmoins que le rapport de forces parmi les grands électeurs a sensiblement évolué entre 2020 et 2026.

L’autre progression notable : le PCF

La progression du PCF est moins spectaculaire que celle du RN, mais elle est également nette.

La liste de Céline Brulin passe de 525 voix et 17,26 % en 2020 à 609 voix et 19,66 % en 2026.

Elle gagne donc 84 voix et 2,40 points, tout en conservant son siège de sénateur.

Cette évolution montre que la recomposition observée ne profite pas uniquement au RN. Une formation historiquement implantée à gauche renforce elle aussi sa position et approche désormais les 20 % des suffrages exprimés.

Trois évolutions qui résument le scrutin

Liste Canayer

1 423 → 1 152 voix
46,78 % → 37,19 %
4 → 3 sièges

Rassemblement national

89 → 406 voix
2,93 % → 13,11 %
0 → 1 siège

PCF

525 → 609 voix
17,26 % → 19,66 %
1 → 1 siège

Une offre politique de plus en plus éclatée

Un autre phénomène apparaît clairement : le nombre de listes passe de sept en 2020 à neuf en 2026.

Cette multiplication des candidatures traduit une offre politique plus éclatée. Elle accompagne également une dispersion plus importante des choix des grands électeurs.

Les résultats suggèrent une érosion de la confiance accordée à l’offre qui dominait jusqu’ici très largement le scrutin. Une partie des grands électeurs paraît davantage disposée à se tourner vers des formations situées aux pôles du paysage politique, mais aussi vers des candidatures nouvelles, locales ou alternatives.

La progression du RN en constitue l’illustration la plus spectaculaire. À gauche, une liste LFI autonome recueille également 90 voix, soit 2,91 %.

D’autres offres trouvent parallèlement leur place : République rurale obtient 72 voix, Voix de la liberté 17 voix, la Nouvelle Union Républicaine 13 voix et Reconquête 13 voix.

Les candidatures alternatives trouvent également un espace

La recomposition ne se limite pas aux formations situées aux pôles du paysage politique. Certains grands électeurs choisissent également des candidatures différentes des principales formations nationales.

République rurale parvient ainsi à réunir 72 grands électeurs. Le résultat montre qu’une candidature alternative construite autour d’une identité territoriale peut trouver un espace dans ce type de scrutin.

Dans une moindre mesure, la Nouvelle Union Républicaine obtient pour sa première participation 13 voix, soit 0,42 %, avec sa liste « Ensemble pour une République plus efficace ».

NUR et Reconquête à égalité

Pour sa première participation, la Nouvelle Union Républicaine recueille 13 voix et fait ainsi jeu égal dans ce scrutin avec Reconquête, qui obtient également 13 suffrages.

Cette égalité ne signifie pas que les deux mouvements disposent du même poids politique à l’échelle nationale. Elle montre qu’auprès des grands électeurs de Seine-Maritime, lors de ce scrutin précis, leurs deux listes ont obtenu exactement le même nombre de voix.

Pour une nouvelle formation, le réseau reste déterminant

Les élections sénatoriales présentent une particularité essentielle : elles sont organisées au suffrage indirect. Les électeurs sont les grands électeurs, principalement issus des conseils municipaux.

Une formation récente part donc avec un désavantage structurel important. Même lorsque son programme est connu ou apprécié, elle doit convaincre individuellement des élus qui entretiennent souvent depuis de nombreuses années des relations avec des parlementaires, des maires, des conseillers départementaux ou des responsables intercommunaux.

Ces réseaux politiques et personnels se construisent progressivement. Ils donnent naturellement un avantage considérable aux formations historiquement implantées.

Pour les nouveaux mouvements, l’enjeu consiste donc à transformer une première présence électorale en implantation territoriale durable, en développant leur réseau d’élus et leur présence dans les communes et les intercommunalités.

Une fragmentation qui peut compter dans les prochains scrutins

Les principales formations continuent de concentrer l’immense majorité des suffrages. Le scrutin de 2026 révèle toutefois un paysage plus fragmenté et des grands électeurs davantage dispersés entre plusieurs offres politiques.

Dans des scrutins où quelques dizaines de voix peuvent modifier un rapport de forces, les élus indépendants, les mouvements émergents et les sensibilités locales ou alternatives peuvent prendre une place plus importante dans les stratégies électorales.

Les résultats de 2026 ne permettent pas de déterminer à eux seuls les alliances qui se formeront lors de prochaines élections. Ils montrent en revanche que les suffrages situés en dehors des principales listes existent et représentent désormais une composante à prendre en compte dans l’analyse du paysage politique départemental.

2026 : un paysage politique plus ouvert et plus fragmenté

Trois chiffres résument particulièrement bien l’évolution entre les deux élections : –271 voix et un siège pour la liste Canayer, +317 voix et un siège pour le RN, +84 voix pour le PCF.

La liste arrivée largement en tête en 2020 demeure la première force parmi les grands électeurs, mais elle concentre sensiblement moins de suffrages. Le RN réalise parallèlement une progression spectaculaire et entre au Sénat, tandis que le PCF renforce son implantation.

Autour de ces trois évolutions majeures, le passage de sept à neuf listes traduit une diversification de l’offre. Les grands électeurs semblent moins enclins qu’en 2020 à concentrer leurs suffrages autour d’une seule offre dominante et une partie d’entre eux se tourne vers les pôles du paysage politique ou vers des candidatures alternatives.

Les réseaux historiques restent déterminants, particulièrement dans une élection au suffrage indirect. Le scrutin de 2026 montre cependant qu’un espace existe également pour de nouvelles offres politiques dans un paysage devenu plus fragmenté.

Sources

Ministère de l’Intérieur — Résultats des élections sénatoriales de 2020 en Seine-Maritime.

Consulter les résultats officiels de 2020 →

Ministère de l’Intérieur — Résultats des élections sénatoriales du 27 septembre 2026 en Seine-Maritime.

Consulter les résultats de 2026 →

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