Revendications des lycéens : entendre les difficultés et apporter des solutions concrètes
Les revendications des lycéens concernant leurs conditions d’étude doivent être entendues. Manque de professeurs, locaux vétustes, journées trop longues ou emplois du temps difficiles : des problèmes réels existent, sans pour autant justifier les violences ou les dégradations.
Des revendications qui peuvent être légitimes
Plusieurs revendications des lycéens peuvent être parfaitement légitimes : le manque de professeurs dans certaines disciplines, des locaux parfois vétustes ou insalubres, des journées de cours très longues, notamment lorsque les emplois du temps comportent de nombreuses heures de « trou », ou encore des classes surchargées dans certains établissements.
Ces difficultés existent et doivent être entendues. Elles ne concernent pas tous les établissements de la même manière, ce qui rend difficile toute réponse uniforme.
Les violences et les dégradations restent inacceptables
Reconnaître ces difficultés ne signifie pas tout accepter.
Aucune revendication, aussi légitime soit-elle, ne peut justifier de casser, de dégrader le mobilier urbain, de brûler des poubelles ou de s’en prendre aux établissements scolaires et à leurs personnels.
Il faut évidemment éviter de mettre tous les lycéens dans le même sac. Tous ceux qui participent à une mobilisation ne sont pas responsables des violences. Il faut également reconnaître qu’un certain nombre de jeunes présents dans la rue profitent davantage de l’occasion pour sécher les cours, provoquer des incidents, dégrader du mobilier urbain ou mettre le feu à des poubelles que pour défendre des revendications précises.
Il n’existe pas une réponse unique à toutes les situations
Il est difficile d’apporter une réponse uniforme à toutes les revendications concernant les rythmes scolaires.
Un lycéen qui habite en zone rurale et doit effectuer parfois 1 h 30 de transport le matin et autant le soir aura nécessairement une journée beaucoup plus longue qu’un autre qui habite à quelques minutes de son établissement.
On peut chercher à améliorer les emplois du temps. Il existe également des contraintes très concrètes : disponibilité des enseignants, salles spécialisées, salles informatiques, laboratoires, équipements professionnels, organisation de la restauration scolaire ou encore transports.
De la même manière, il paraît difficile de réduire globalement le nombre d’heures de cours si l’on souhaite conserver les mêmes programmes et les mêmes objectifs de formation.
Le manque de professeurs est une réalité
Les classes surchargées existent, sans être une réalité uniforme. Les situations sont très différentes selon les établissements et les territoires.
Le manque de professeurs dans certaines disciplines et dans certains secteurs constitue en revanche une réalité qu’il faut regarder en face.
Si les rémunérations étaient meilleures et les conditions de travail améliorées, le métier d’enseignant serait certainement plus attractif.
Lorsque certains établissements sont régulièrement confrontés aux violences, aux dégradations ou à des conditions de travail particulièrement difficiles, il ne faut pas ensuite s’étonner que des enseignants hésitent à demander leur affectation dans ces secteurs ou cherchent à les quitter.
On ne peut pas réclamer davantage de professeurs tout en laissant se dégrader leurs conditions de travail.
Un lycéen n’est pas un adulte au travail
Nous ne pouvons évidemment pas considérer qu’un lycéen doit avoir exactement le même rythme qu’un adulte qui travaille.
Ce n’est pas parce que certaines générations ont connu des journées difficiles, de longs transports ou des conditions d’études parfois médiocres que nous devons renoncer à améliorer celles de nos jeunes.
Une société doit chercher à progresser, pas simplement à reproduire les difficultés du passé.
Il faut également rester réaliste. Ceux qui expliquent qu’ils pourraient, du jour au lendemain, réduire fortement les journées, diminuer le nombre d’élèves dans toutes les classes, recruter immédiatement tous les professeurs manquants et rénover l’ensemble des établissements prennent le risque de faire des promesses qu’ils ne pourront probablement pas tenir.
Des améliorations concrètes sont possibles
Entre le discours consistant à dire que tout va bien et celui consistant à promettre que tout peut être réglé immédiatement, il existe une voie beaucoup plus pragmatique.
Limiter, lorsque cela est possible, les heures de « trou » et mieux répartir les cours.
Développer les places lorsqu’une réelle demande existe, notamment pour les élèves confrontés à de longs trajets.
Garantir des établissements correctement chauffés pendant la période hivernale.
Prévoir des travaux permettant également de travailler dans de bonnes conditions lors des fortes chaleurs du mois de juin.
Améliorer le quotidien des enseignants et de l’ensemble des personnels éducatifs.
Rendre les métiers de l’Éducation nationale plus attractifs, notamment par les rémunérations et les conditions d’exercice.
Écouter, agir et rester exigeant
Nous devons être capables de tenir deux positions en même temps : entendre les revendications légitimes des lycéens et condamner fermement les violences et les dégradations.
Ces deux exigences ne sont pas contradictoires.
Améliorer les conditions d’études de nos jeunes ne signifie pas excuser ceux qui brûlent, cassent ou agressent. Condamner ces violences ne signifie pas davantage refuser d’entendre les difficultés réelles rencontrées dans certains établissements.
Il faut sortir des oppositions systématiques et rechercher des solutions applicables, financées et efficaces.
Pour une République plus efficace
Le nom que nous avions choisi pour notre liste aux élections sénatoriales prend, à mes yeux, encore davantage de sens aujourd’hui :
Notre pays a moins besoin de postures et d’oppositions permanentes que de solutions concrètes.
Écouter les difficultés, fixer des limites, faire respecter l’ordre, améliorer ce qui peut l’être et rechercher ensemble des réponses réalistes : c’est ainsi que nous pourrons réellement faire avancer l’École et, plus largement, notre République.

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